«ça tire »

Définition des expressions «ça tire», «ça se crispe», «ça travaille»

Les mots ont une importance majeure, et parfois la confusion vient du sens pas toujours très précis que nous leur donnons. Ainsi lorsque nous disons «ça tire», nous devons comprendre que dans notre corps, certains de nos muscles se rallongent, leurs attaches tendineuses s’éloignent l’une de l’autre. La distance entre les 2 points d’attache d’un muscle s’éloigne l’une de l’autre. Nous nous devons de bien faire la différence entre ce terme qui est donc synonyme d’un rallongement, et des 2 autres expressions, «ça se crispe» ou «ça travaille».

Dans ces cas là, par contre, nous sommes en présence d’un raccourcissement musculaire. Ici nos muscles se tonifient, ils travaillent, ils se crispent. Et donc leurs attaches musculaires se rapprochent l’une de l’autre. 

Je crois qu’il est essentiel par rapport aux termes qu’emploient souvent nos clients, de bien leur faire préciser ce qu’ils ressentent dans leur corps. Je me demande si cette difficulté à exprimer un raccourcissement, en faisant employer l’expression «ça me tire», ne serait pas une astuce de notre chaîne musculaire postérieure. Elle « triche » en employant un mot à la place d’un autre.
Et donc elle nous fait croire que nous nous allongeons (et nous employons «ça tire»).
Nous touchons là à quelque chose qui est essentiel : nous n’avons que peu de liberté par rapport à nos sensations, et nos idées peuvent parfois être fausses. Je sais que c’est l’inverse qui nous est servi tout le temps dans la presse new age, où l’on pense que l’on retrouve en faisant des techniques corporelles le vrai langage de notre corps. Ce serait notre tête qui nous ment mais notre corps lui ne mentirait jamais.

Eh bien le travail en groupe que nous faisons nous montre combien notre corps peut nous tromper lui aussi. Alors comment nous trompe t’il? Il nous trompe en nous faisant croire qu’assis en tailleur, nous pouvons nous tenir droit, en allongeant notre chaîne postérieure. Il nous trompe lorsqu’en nous penchant en avant, nous pensons étirer notre chaîne musculaire postérieure. Il nous trompe lorsque regardant quelqu’un de profil, nous ne voyons que sa bosse, sa cyphose, et nous pensons que ses muscles du dos sont trop mous. En effet si nous ne nous laissions pas happer par la bosse, si nous apprenions à voir, nous verrions qu’au-dessus de cette bosse nous avons une tête qui part en avant avec une lordose cervicale immense.

En corrigeant la lordose, en la faisant sortir, la bosse va disparaître. Par contre si l’on fait rentrer la bosse, cela ne se fera qu’en créant une immense lordose. Nous sommes, au vu de ces quelques exemples, face à des choses pas si simples qu’il va nous falloir décrypter avec beaucoup de patience et d’ouverture d’esprit, lors des séances. Dans l’un de mes groupes une jeune femme m’a dit un jour «Catherine ce travail que je fais avec vous c’est un travail révolutionnaire, c’est un travail qui nous rend libres ».
Je le crois profondément et nous le verifions régulièrement.